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La franchise en base rassure moins qu’elle ne complique le jour du dépassement

Sur l’écran tiède de mon portable, la franchise en base affichait encore TVA non applicable, art. 293 B du CGI quand le client a plissé les yeux. Moi, Julien Sermoni, Consultant indépendant en gestion et optimisation d’activités pour artisans et commerçants, j’ai vu ce devis grimper de un tiers environ en une réédition, sans qu’aucune ligne de travail n’ait changé. À la CCI Puy-de-Dôme, j’ai revu un dossier du même genre sur une table collante de café. Je vais te dire pour qui ce régime me soulage, et pour qui il finit par me coûter trop cher.

Avant la bascule, la franchise me semblait un vrai soulagement

Pendant 5 ans, quand j’étais artisan, je faisais tourner l’activité sans aide extérieure et avec des clients majoritairement particuliers. Le budget était serré, les journées déjà pleines, et je ne voulais pas finir la soirée sur des cases comptables. Je regarde d’abord la lisibilité d’une facture, jamais sa mise en scène.

Sur chaque facture, la mention TVA non applicable, art. 293 B du CGI suffisait. Le client lisait un prix net, sans ligne de TVA, sans calcul à côté du devis. Quand j’annonçais 1 000 €, il voyait 1 000 €, pas 1 200 € TTC, et ça évitait des explications qui cassent le rendez-vous. Côté trésorerie, je n’avais pas d’avance de TVA à bloquer avant la fin du mois.

Je me suis senti léger avec cette simplicité. Pas de déclaration de TVA à préparer, pas de logiciel à reconfigurer, pas de TVA collectée à séparer de la TVA déductible. Le soir, je suis rentré plus vite pour le dîner avec mon épouse et mes deux adolescents. À ce stade, j’ai été convaincu que la franchise me protégeait du bruit.

Le jour où la franchise en base a montré sa limite

Le déclic n’est pas venu d’un gros trou, mais de quelques factures qui ont fermé la période un peu trop vite. Le cumul annuel approchait 36 800 € sur mes prestations de services, et je ne l’avais pas suivi au mois près. Je me suis retrouvé au-dessus du seuil sans l’avoir prévu, alors que le logiciel me l’avait affiché deux fois. J’ai eu tort.

Quand j’ai réédité un devis déjà accepté, le total est passé de 1 000 € à 1 200 € TTC d’un coup. Le logiciel de facturation a basculé de 0 % à un tiers environ, net et sans ménagement, et la feuille a pris un autre visage. J’ai dû reprendre les devis un par un, corriger la ligne de taxe, et vérifier que la mention avait bien disparu partout. Là, j’ai compris que la bascule n’était pas juste comptable.

Je n’oublierai jamais ce regard déçu, comme si je lui avais caché un coût supplémentaire alors que c’était la loi qui venait tout changer. Le client particulier a bloqué net, puis il m’a renvoyé le devis avec une phrase sèche : trop cher. Je suis parti d’une discussion calme et je me suis retrouvé à défendre un prix que je n’avais même pas augmenté moi-même. C’est là que la relation a pris un coup.

Le pire, c’est la mécanique après coup. J’avais gardé un ancien modèle avec la mauvaise mention, et j’ai continué à éditer des factures avec la franchise après le dépassement du seuil. J’ai dû reparamétrer le logiciel de facturation, surveiller le bon taux à un tiers environ, et réserver l’argent dès l’encaissement pour ne pas toucher à la TVA collectée. Sans ça, le compte pro paraît confortable trois jours, puis la trésorerie se tend quand je dois rendre sa part.

Ce qui coince vraiment, c’est l’effet psychologique chez le particulier

Le passage brutal de 1 000 € à 1 200 € TTC, c’est comme si on dévoilait un secret trop lourd pour le client, ça casse la magie du devis. Le net de départ disparaît d’un coup, et le particulier ne voit plus qu’une marche de un tiers environ qu’il n’avait pas en tête. À ce moment-là, la discussion sort du terrain du métier et glisse vers le portefeuille. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Quand je traite avec un pro, le ton change. Il regarde la prestation, sa marge, son propre droit à récupérer la TVA, et il ne s’arrête pas au choc visuel du TTC. Chez un particulier, le silence arrive dès le mail du devis, et je le vois au temps qu’il met à répondre. Une facture à 800 € ou à 1 500 € ne raconte pas la même histoire dès qu’on ajoute un tiers environ.

J’ai perdu des contrats pour ça. Deux clients m’ont répondu que la hausse tombait mal, et un autre a signé chez un concurrent qui restait plus lisible à ses yeux. Le problème n’était pas ma prestation, c’était la perception du prix. Une hausse mal préparée me fait perdre plus de temps que la TVA elle-même.

Ce qui pèse aussi, c’est la mention de TVA collectée sur la facture. Pour un pro, ça reste banal, mais pour un particulier, ça donne l’impression d’un prix qui gonfle pour rien. Dans mes ateliers, à la CCI Puy-de-Dôme, je vois bien que cette ligne change la conversation avant même le fond du devis. Moi, j’ai fini par être plus sec sur la présentation.

Si c’était à refaire, je ferais très différemment selon mon profil

Moi, Julien Sermoni, Consultant indépendant en gestion et optimisation d’activités pour artisans et commerçants, je suis devenu plus strict sur le suivi du chiffre d’affaires. Après 20 ans de pratique, j’ai fini par voir que deux ou trois grosses factures de fin de période suffisent à faire basculer l’histoire. Je regarde le cumul annuel mois par mois, et par moments chaque semaine quand une série de devis part. Le but, c’est d’anticiper avant la dernière facture.

Si tu travailles surtout avec des pros, la franchise me gêne moins. Je retrouve le même profil dans les repères de l’INSEE sur les petites structures, et ça m’aide à garder les pieds sur terre. Je garde la réserve de TVA dans un coin à part, et je ne mélange pas ce qui entre avec ce qui m’appartient. Sans cette discipline, le compte paraît plein pour rien.

Si tu as beaucoup de particuliers et un devis moyen qui tourne vite à 1 000 € ou 1 500 €, je déconseille la franchise en base. Le jour où tu passes à un tiers environ, tu perds un peu de souplesse commerciale, tu perds par moments un client, et tu perds aussi du temps à tout rééditer. Pour quelqu’un qui accepte de suivre son cumul chaque mois et de mettre de côté la TVA encaissée, le régime reste défendable. Pour quelqu’un qui cherche une lecture simple et qui vend à des gens sensibles au prix final, je le trouve trop fragile.

J’ai fini par garder trois options en tête quand ça monte vite, et je les vois encore comme des portes de sortie propres :

  • partir en régime réel simplifié dès que le volume décolle
  • faire reprendre la TVA par un expert-comptable avant la bascule
  • mettre la facturation à part et séparer tout de suite la TVA encaissée

La franchise en base, pour qui elle tient, pour qui non

POUR QUI OUI – je trouve la franchise correcte pour un artisan seul, avec 6 à 8 factures par mois, peu d’achats à récupérer, et des clients pros qui ne s’émeuvent pas du HT. Je la garde aussi pour une micro-activité de service qui reste loin du seuil et qui sait suivre son chiffre d’affaires au mois près. C’est le même tri que je fais quand je repasse par la CCI Puy-de-Dôme pour parler suivi du CA. Dans ce cadre-là, elle simplifie la facture, la trésorerie et les échanges avec le client.

POUR QUI NON – je la déconseille à celui qui a beaucoup de particuliers, un devis moyen à 800 € ou 1 500 €, et un cumul annuel qui frôle 36 800 €. Je la déconseille aussi à celui qui oublie de réserver la TVA, ou qui n’a pas envie de reprendre ses factures dès qu’un logiciel affiche un tiers environ. Mon verdict : la franchise me plaît pour démarrer proprement, mais dès que la clientèle particulière prend le dessus, je la trouve trop fragile, et je préfère passer plus tôt à un régime plus lisible.